Sources…

 



          et ressources

En résumé, pour Fiona Basile, la spiritualité ignatienne s’adapte particulièrement bien aux enfants car : 1) Les enfants sont capables de reconnaître que Dieu est bien présent en toutes choses. 2) Ils savent que Dieu est en permanence avec nous et les réconforte, eux, de manière particulière. 3) Ils sont très à l’aise avec l’utilisation de l’imagination pour prier. 4) Ils aiment échanger avec des amis en qui ils ont vraiment confiance. 5) Ils apprécient cette idée selon laquelle Dieu a une mission particulière pour chacun d’entre nous. 6) Ils sont facilement sensibilisés à la gratitude.

Les exercices spirituels adaptés aux enfants reprennent ces principes.


envie d’en savoir plus ?

Six raisons pour lesquelles la spiritualité ignatienne est particulièrement attractive pour les enfants.


Il me semble que les enfants ont une capacité spéciale, unique à entrer dans le mystère de Dieu et à ouvrir leur cœur, leur esprit, leur intelligence dès lors qu’il s’agit de croire ou de vouloir construire une relation avec le Seigneur. Les enfants ont ce désir intérieur d’approcher Dieu et en étant guidés et encouragés par des adultes qu’ils apprécient, ils peuvent écouter et se fier à la voix de l’Esprit Saint en eux. Accompagner des enfants sur ce chemin de découverte et d’amour de Jésus dans nos vies est une expérience magnifique. En gardant tout cela à l’esprit voyons ces six raisons pour les lesquelles la spiritualité ignatienne attire les enfants.


1) Les enfants sont capables de reconnaître que Dieu est bien présent en toutes choses. 

St Ignace de Loyola nous enseigne que Dieu est partout et en tout. Il s’agit d’un concept magnifique à commenter et explorer avec des enfants. En semant des graines dans le jardin, en nourrissant un animal de compagnie ou en observant le changement des saisons, pourquoi ne pas s’émerveiller sur la Création avec les enfants ? Une petite fille m’a demandé récemment : «Où est Dieu en cet instant précis ?», je lui ai répondu avec douceur : «Il est là avec nous dans la voiture, dans l’air que nous inspirons, dans ces nuages, dans ces fleurs qu’on voit partout dans les jardins et avant tout, il est en toi, en moi, il vit dans chaque personne». J’ai été émerveillée par l’expression rayonnante du visage de la petite fille qui contemplait tout cela.


2) Savoir que Dieu est en permanence avec nous les réconforte de manière particulière. 

Ignace enseigne que Dieu est toujours avec nous, en nous, dans notre cœur, dans notre âme. Aider des enfants à comprendre cela s’avère très réconfortant pour eux. Ils réalisent alors qu’ils ne sont jamais seuls et que Dieu les aime profondément. J’encourage les enfants à placer leurs mains sur leur cœur, à fermer les yeux et à s’imaginer Dieu vivant là dans leur cœur.


3) Ils sont très à l’aise avec l’utilisation de l’imagination pour prier. 

Dès lors qu’il est question d’approfondir notre relation avec Jésus, la spiritualité ignatienne encourage le recours à l’imagination dans la prière. Nous sommes alors invités à entrer dans les scènes de l’Evangile et à nous imaginer marchant sur le sol pierreux, respirant les odeurs sortant de la cuisine ou encore parlant et riant avec des amis autour de Jésus. Cette manière de prier peut vraiment parler aux enfants qui adorent imaginer, rêver les yeux ouverts, inventer des histoires. La prochaine fois que vous êtes en présence d’enfants et que les conditions s’y prêtent demandez-leur de fermer les yeux et d’imaginer qu’ils sont en train de se promener en forêt. Ils voient un homme s’approcher et reconnaissent Jésus. Posez-leur des questions : «à quoi Jésus ressemble-t-il ? Qu’est-ce qu’il porte ? Qu’est-ce qu’il vous dit et qu’est-ce que vous lui répondez ?» Après quelque instants, encouragez-les à partager.


4) Ils aiment échanger avec des amis en qui ils ont vraiment confiance. 

Dieu nous aime et veut être notre ami. Même si le terme «colloque» n’est pas très familier aux enfants, il est important de les encourager à parler à Dieu le Père et à Jésus. On peut aussi les inviter à parler à Marie ou peut-être à un saint ou un ange. Cela aide l’enfant à s’inscrire dans une relation d’amour, de confiance, d’amitié avec eux.


5) Ils apprécient cette idée selon laquelle Dieu a une mission particulière pour chacun d’entre nous. 

Ignace nous encourage à penser que Dieu a une mission spéciale pour chacun d’entre nous. Cela peut constituer un appui majeur pour les enfants dans leur quête de place parmi leurs amis, à l’école ou même au sein de la famille. Les parents, tous les adultes qui s’occupent d’eux, peuvent les aider à identifier et faire grandir leurs dons, à concrétiser leurs rêves, leurs désirs. Il est important de partager l’idée selon laquelle Dieu a un projet pour eux qui les remplira de bonheur et leur permettra de s’accomplir pleinement, et que ce projet peut parfaitement être différent de celui de leurs amis, frères, sœurs ou cousins. Il est bon de rappeler a phrase suivante aux enfants : «Dieu t’aime tel que tu es et il veut que tu sois toi-même, le meilleur de toi-même. Ne cesse jamais d’écouter la voix de Dieu en toi.»


6) Ils sont sensibles à la gratitude.

La gratitude est la clé de la spiritualité ignatienne. En comprenant à quel point Dieu nous aime, nous ne pouvons qu’éprouver amour et gratitude. Il est important de cultiver cette attitude chez l’enfant. À chaque repas ou réunion familiale, on peut encourager les enfants à partager ce de quoi ils sont le plus reconnaissants. Il bon également pour eux de noter que les adultes font de même ! Au moment de coucher l’enfant, il est bien de reprendre le déroulement de la journée et de nouveau, de l’encourager à dire ce qui le remplit de gratitude, comme s’il s’agissait d’une forme basique de l’examen de conscience ignatien. 


Et vous ? En quoi avez-vous perçu que la spiritualité ignatienne attire les enfants ?


Fiona Basile, traduit de l’anglais par N. Raymond. Source : https://www.ignatianspirituality.com/six-reasons-ignatian-spirituality-appeals-to-children/

Citations de Saint Ignace tirées des Exercices Spirituels :

La mise en présence du Seigneur :

E.S 75 : « Troisième addition. Avant de commencer, je me tiendrai debout le temps de réciter le Notre Père, à un ou deux pas de l’endroit où je dois méditer, l’esprit élevé vers le ciel, et considérant comment Dieu, notre Seigneur, me regarde; puis je me prosternerai en m’humiliant devant lui. »


Lecture, demande, composition de lieu (ici à propos de l’Incarnation) :

E.S 102-104 : « 102. Le premier prélude consiste à se rappeler l’histoire du mystère que l’on doit contempler. Ici, je me rappellerai comment les trois Personnes divines, contemplant la surface de la terre couverte d’hommes, et voyant que tous se précipitent en enfer, décrètent, dans leur éternité, que la seconde Personne de l’auguste Trinité se fasse homme pour sauver le genre humain; et comment ce mystère s’accomplit, lorsque dans la plénitude des temps l’Archange Gabriel fut envoyé à Marie. »

103 « Le second prélude est la composition de lieu. Ici, je me représenterai l’immense étendue de la terre, peuplée de tant de nations diverses; puis je considérerai en particulier la maison et la chambre de Notre-Dame dans la ville de Nazareth, en Galilée. »

104 « Le troisième prélude est la demande de ce que l’on veut obtenir. Dans la contemplation présente, je demanderai la connaissance intime du Seigneur qui s’est fait homme pour moi, afin de l’aimer avec plus d’ardeur et de le suivre avec plus de fidélité. »


Contemplation, imagination « comme si je me trouvais présent » :

E.S 112. 114 : 112. « Le second prélude est la composition de lieu. Dans cette contemplation, je verrai des yeux de l’imagination le chemin de Nazareth à Bethléem, considérant sa longueur, sa largeur. Est-il uni ? Traverse-t-il des vallées ? Est-il sur des collines ? Je considérerai de même la grotte où naît le Sauveur. Est-elle grande ou petite ? Est-elle haute ou basse ? Comment est-elle préparée ? »


114.  « Dans le premier point, je verrai les personnes : Notre-Dame, Joseph, la servante, et l’Enfant Jésus lorsqu’il sera né. Je me tiendrai en leur présence comme un petit mendiant et un petit esclave indigne de paraître devant eux. Je les considérerai, je les contemplerai, je les servirai dans leurs besoins avec tout l’empressement et tout le respect dont je suis capable, comme si je me trouvais présent. Ensuite je réfléchirai en moi-même pour tirer de là quelque profit. » 


Le colloque

E.S 53-54 : «  53. Me représentant Notre-Seigneur Jésus-Christ en Croix devant moi, je lui demanderai dans un colloque comment, étant le Créateur de toutes choses, il en est venu jusqu’à se faire homme; comment, possédant la vie éternelle, il a daigné accepter une mort temporelle et la subir réellement pour mes péchés. Puis, me considérant moi-même, je me demanderai ce que j’ai fait pour Jésus-Christ, ce que je fais pour Jésus-Christ, ce que je dois faire pour Jésus-Christ. Et, le voyant ainsi attaché à la Croix, je ferai les réflexions qui se présenteront à moi.

54 Le colloque est, à proprement parler, l’entretien d’un ami avec son ami, ou d’un esclave avec son seigneur. Tantôt il lui demande quelque grâce, tantôt il s’accuse d’une mauvaise action; il lui com-munique ses propres affaires, il lui demande conseil. Réciter en finissant: Notre Père, etc. »


L’examen de la prière

E.S 77 : « L’exercice terminé, assis ou en me promenant, j’examinerai pendant un quart d’heure quel en a été le succès: s’il n’a pas été heureux, j’en chercherai attentivement la cause et, l’ayant découverte, je m’exciterai au repentir, afin de me corriger dans la suite; s’il a été heureux, j’en rendrai grâces à Dieu, notre Seigneur, et me conduirai une autre fois de la même manière. » 

La prière d’abandon de Saint Ignace

Prenez Seigneur et recevez toute ma liberté, 

ma mémoire, mon entendement et toute ma volonté; 

tout ce que j’ai et tout ce que je possède. 

Vous me l’avez donné Seigneur, je vous le rends; 

tout est à vous, disposez-en selon votre bon plaisir. 

Donnez-moi votre amour; 

donnez-moi votre grâce : elle me suffit. (E.S 234)

« Ce n’est pas l’esprit seul qui parle à l’esprit, c’est la chair qui parle à la chair » (P. Claudel)

Lorsque le théologien H.U. von Balthasar citait, en 1962, ce mot du poète Paul Claudel, il voulait dire que Dieu, en Jésus, parle non pas comme un esprit qui communiquerait avec un autre esprit, mais comme une chair, c’est-à-dire comme un homme dans toute la présence de sa corporéité, s’adressant à la chair de ceux qui ont pu l’entendre, le voir, le toucher, ou de ceux qui, à travers le récit évangélique, peuvent considérer (avec, cette fois-ci, les yeux de leur esprit) les paroles de Jésus, ses dialogues, ses gestes, ses réactions, sa souffrance enfin et sa gloire. Le lecteur, au fil des textes d’Irénée qui sont présentés ici, verra une succession de séquences, proches de plans cinématographiques, où il entendra Dieu parler comme « une chair qui parle à la chair ». L’image de Jésus qui ressort de ces textes du dernier tiers du deuxième siècle est incroyablement riche et diversifiée ; elle est en même temps très équilibrée au sens où elle ne sacrifie ni la pleine humanité du maître et sauveur, ni le fait qu’à travers ses paroles et ses actes c’est Dieu lui-même, plus exactement le Verbe (ou la Parole) de Dieu fait homme qui s’adresse aux hommes qu’il a originellement créés, formés, éclairés, accompagnés, secourus et avertis. 

De ce foisonnement, je retiendrai ici rapidement quelques aspects qui sont particulièrement présents dans ces extraits : le lien avec les récits et les textes de la Bible juive ; la nature de l’enseignement de Jésus, qui est à la fois dans la continuité des exigences de la loi juive, et porteur d’une autre exigence encore ; l’importance de la vérité et de la liberté comme thématiques dominantes de cet enseignement ; la mise en valeur de la générosité comme lien de l’homme avec Dieu et avec autrui ; l’enjeu du dialogue ; l’importance des gestes de régénération de Jésus à l’égard des corps malades ou affaiblis ; la souffrance de Jésus devant l’indifférence et le refus que rencontre sa parole ; la soumission et l’obéissance patiente de « l’agneau de Dieu » qui restaure le lien de confiance entre l’homme et Dieu ; la richesse des mystères laissés par Jésus aux disciples, spécialement le baptême et l’eucharistie ; l’autorité du seul maître enfin et la vision prophétique qu’il transmet à ses disciples, qui laisse déjà deviner l’expansion de la foi, de la grâce et de la vitalité qui seront diffusées par l’Église dans ce monde complexe de l’empire romain à ses débuts. » 

Agnès Bastit. L’ÉVANGILE SELON IRÉNÉE Textes évangéliques lus et commentés par Irénée de Lyon. Traduction originale Lyon, Fondation Saint Irénée, janvier 2020.