C. Pastro © monastère Nossa Senhora da Paz 

La Passion 

de Jésus

Les fiches ci-dessous abordent l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, la Cène (le lavement des pieds, Jésus se donne en nourriture, le commandement d’amour (deux propositions), Gethsémani, Jugement, flagellation, couronnement d’épines, le « bon larron » et la Crucifixion et la mort

L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem (Mt 21, 1-11).

C. Pastro © monastère Nossa Senhora da Paz 

L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem (Mt 21, 1-11).


On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.


On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour :

 1 Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples 2 en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. 3 Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez: “Le Seigneur en a besoin”. Et aussitôt on les laissera partir.» 4Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète :

5 Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme.

6 Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. 7 Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. 8 Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. 9 Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient :

« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »

10 Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait: « Qui est cet homme ? » 11 Et les foules répondaient: « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. » (Mt 21, 1-11). Textes liturgiques © AELF, Paris.


Contemplation :

    v. 1-8 L’accomplissement des Écritures.

Comment est-ce que Jésus veut entrer à Jérusalem ? sur le dos d’une ânesse qui a son petit ânon avec elle. Il  sait qu’il y en a une dans le village en face et donc il envoie ses disciples. Pourquoi fait-il cela ? Pour que s’accomplisse ce qu’a dit un prophète à son sujet il y a plusieurs centaines d’années (le prophète Zacharie). La fille de Sion c’est un autre nom pour Jérusalem et plus largement l’ensemble du peuple juif. Donc, par ce signe, Jésus veut que le peuple croit qu’il est vraiment envoyé de Dieu venu pour nous sauver par amour. Il fait vraiment tout ce qu’il peut pour prouver à son peuple qu’il est le Messie qu’ils attendaient. Un petit peu plus loin, il dit qu’il a voulu rassembler les enfants de Dieu comme une poule rassemble ses poussins.

Ici, ce sont deux petits ânes qui vont aider Jésus à accomplir sa mission, c’est comme si toute la Création de Dieu accompagnait Jésus, le portait.


Ferme les yeux et imagine l’ânesse et le petit âne qui vont servir à Jésus à accomplir sa mission. Comment sont-ils ?

Jésus est monté sur l’ânesse… il veut rassembler tous les hommes dans le cœur de Dieu comme une maman poule rassemble ses poussins… Imagine le…


    v. 8-11 L’agitation et la joie des foules

Donc monte sur une ânesse et son petit, Jésus va entrer dans la ville de Jérusalem, la ville sainte des Juifs, là où il y a le Temple et où on s’apprête à célébrer la Pâque. Il y a beaucoup de monde, encore plus que d’habitude, car des gens sont venus de loin, en pèlerinage à cette occasion. Jésus est au milieu des foules, le texte dit qu’il y en a qui marchent devant lui et d’autres qui le suivent. Que font certains ? Il étendent leur manteau sur la route ou des branches d’arbres coupées, pour faire un tapis et ils crient Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !. Ces gens reconnaissent que Jésus est quelqu’un d’important, qu’il est envoyé par Dieu, ils imaginent qu’il va les sauver, les libérer, être leur roi etc. Ils ont beaucoup d’espoir et de joie. On voit qu’ils l’appellent de différents noms : « fils de David », « celui qui vient au nom du Seigneur », « prophète Jésus de Nazareth en Galilée », signes qu’ils ont compris que Dieu était avec lui mais qu’ils ne savant pas exactement qui il est. D’autres, dans la ville, voyant toute cette agitation et ne connaissant pas Jésus se demandent d’ailleurs ouvertement : « Qui est cet homme ? ». L’identité de Jésus, qui il est exactement, est une question centrale, y compris pour nous aujourd’hui et on voit que dans ce texte, chacun semble parler en fonction de sa propre expérience. 


Ferme les yeux et imagine la scène, Jésus qui avance assis sur une ânesse, entouré par les foules, qui font un tapis avec leurs manteaux ou des branches coupées dans les arbres, qui l’acclament… et l’agitation dans la ville où on se demande « Qui est cet homme ? »

J’imagine que je suis là moi aussi… où est-ce que je me situe dans toute cette agitation ? Qu’est-ce que je fais ?


Cœur à cœur

Allons sur le tapis, faisons-nous tout petits, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Peut-être que j’ai ressenti quelque chose de particulier au cours de cette contemplation, je peux en parler librement à Jésus. Sinon, je peux comme les foules et à ma manière me réjouir de sa présence dans ma vie, à mes côtés et le remercier de son amour pour moi. 


Terminer par le Notre Père. 

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La Cène : le lavement des pieds (Jn 13, 1-16).

C. Pastro © monastère Nossa Senhora da Paz 

La Cène : le lavement des pieds (Jn 13, 1-16).


On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.


On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour :

 1 Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

 2 Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, 3 Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, 4 se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture. 5 puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.  

6 Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » 7 Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » 8 Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » 9 Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » 10 Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » 11 Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »

12 Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit: « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?

13 Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.

14 Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

15 C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » 

16 Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. (Jn 13, 1-16). Textes liturgiques © AELF, Paris.


Contemplation :

    v. 1-3 Jésus et ses disciples réunis pour un dernier repas.

La Pâques est une fête juive importante qui commémore la sortie du peuple hébreu d’Egypte où celui-ci était réduit en esclavage. Dieu est fondamentalement le libérateur de son peuple, il libère ceux qui mettent leur confiance en lui. Jésus et ses disciples sont venus à Jérusalem pour cette grande fête et ils ne sont pas les seuls, il y a énormément de monde dans la ville, beaucoup d’agitation. Mais pour eux, cette fête va prendre un autre sens et ils ne le savent pas à cet instant précis, seul Jésus le sait. C’est en effet le moment où Jésus va passer de ce monde à son Père, il va vers Dieu car c’est de Dieu qu’il est sorti. Mais ce passage va être douloureux, difficile à comprendre pour ses amis : il va être trahi par l’un d’entre eux (qui est en train de partager le repas avec lui), il va être arrêté, condamné, crucifié, puis il va être ressuscité. Ce sera comme une nouvelle Pâque, une nouvelle libération pour les gens, mais la manière dont cela se fait est très difficile à comprendre et ses disciples vont être très choqués et abattus. Pour l’instant, ils ne se doutent de rien, Jésus est le seul à savoir tout cela, les disciples sont dans la joie de célébrer la Pâque avec leur maître, ils sont réunis tous ensemble allongés autour d’un repas (à l’époque de Jésus on mangeait allongé). Nous allons essayer de saisir ce moment particulier. 

Ferme les yeux et imagine le lieu où sont réunis Jésus et les disciples et à l’extérieur l’agitation liée à la grande fête…. Imagine la joie des disciples partageant le repas avec Jésus… imagine Jésus qui est le seul à savoir tout ce qui va se passer, qu’est-ce qu’il peut ressentir ?



    v. 4-12 Jésus donne un enseignement par un geste fort, celui d’un serviteur par excellence.

Jésus sait que tout sera différent ensuite, il profite donc de ces derniers instants pour dire des choses très importantes à ses disciples, et ici, c’est avant tout à travers un geste fort qu’il va faire passer son enseignement. Il va laver les pieds de ses disciples. C’était ce que les serviteurs ou les esclaves faisaient à leur maître quand il rentrait chez lui, avant de manger. De fait, les chemins étaient souvent de terre, poussiéreux ou boueux et les sandales ne protégeaient pas de la saleté. Donc il fallait se laver les pieds, surtout pour ne pas salir l’endroit où on allait manger, et c’étaient donc les esclaves ou les serviteurs qui faisaient cela à leur maître et aux invités de leur maître. C’est donc le geste de quelqu’un qui est tout sauf un maître, or les disciples de Jésus le voient comme un maître, comme le Seigneur donc pour eux, c’est impossible, c’est trop choquant, d’ailleurs Simon-Pierre se révolte à cette idée puisqu’il lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! »   Et pourtant Jésus le fait, il « se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture, puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture ».

Ferme les yeux et imagine la scène :  Jésus qui se lève de table, dépose son vêtement, prend un linge qu’il se noue à la ceinture, puis verse de l’eau dans un bassin, se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture… 

Que ressentent les disciples ? 

Et Jésus que ressent-il et pourquoi fait-il cela ?


    v. 12-15 un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie

Jésus, par ce geste, veut probablement enseigner à ses disciples l’humilité… l’amour mutuel, le service mutuel. Il a trois phrases éclairantes : Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

15 C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

16 Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. 

Qu’est-ce que cela peut signifier aujourd’hui pour moi dans ma vie ?


Fermons les yeux. Écoutons de nouveau ces paroles de Jésus : « vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » et  « un serviteur n’est pas plus grand que son maître ». Qu’est-ce que Jésus me dit à moi aujourd’hui ? 


Comme il s’agit de quelque chose de plus personnel, on peut ne pas partager du tout… au choix de chacun.



Cœur à cœur

Allons sur le tapis, faisons-nous tout petits, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Jésus nous a peut-être dit quelque chose de personnel aujourd’hui, si c’est le cas, on peut profiter de ce moment pour lui répondre dans le secret de notre cœur. Dans tous les cas, on peut lui demander qu’il nous aide à entrer dans ses chemins, ou qu’il nous donne la grâce de l’humilité, du service. 

Terminer par le Notre Père.




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C. Pastro © monastère Nossa Senhora da Paz 

La Cène : la nouvelle Alliance(Lc 22, 1-27).

La Cène : la nouvelle Alliance (Lc 22, 1-27)


On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.


On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour : 

1 La fête des pains sans levain, qu’on appelle la Pâque, approchait. 2 Les grands prêtres et les scribes cherchaient par quel moyen supprimer Jésus, car ils avaient peur du peuple. 3 Satan entra en Judas, appelé Iscariote, qui était au nombre des Douze. 4 Judas partit s’entretenir avec les grands prêtres et les chefs des gardes, pour voir comment leur livrer Jésus. 5 Ils se réjouirent et ils décidèrent de lui donner de l’argent. 6 Judas fut d’accord, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’écart de la foule. 7 Arriva le jour des pains sans levain, où il fallait immoler l’agneau pascal. 8 Jésus envoya Pierre et Jean, en leur disant : « Allez faire les préparatifs pour que nous mangions la Pâque. »  9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs ? »

10 Jésus leur répondit : « Voici : quand vous entrerez en ville, un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez-le dans la maison où il pénétrera. 11 Vous direz au propriétaire de la maison : “Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” 12 Cet homme vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée. Faites-y les préparatifs. »

13 Ils partirent donc, trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. 14 Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui. 15 Il leur dit: « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! 16 Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. » 17 Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce, il dit: « Prenez ceci et partagez entre vous. 18 Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. » 19 Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » 20 Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant: « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous. 21 Et cependant, voici que la main de celui qui me livre est à côté de moi sur la table.

22 En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme-là par qui il est livré ! »

23 Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.

24 Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ? 25 Mais il leur dit : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs.

26 Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert.

27 Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » (Lc 22, 1-27) Textes liturgiques © AELF, Paris.



Contemplation :

    v. 1-27 Une célébration de la Pâque sous tension pour Jésus

La Pâque est une fête juive importante qui commémore la sortie du peuple hébreu d’Egypte, Dieu a sauvé son peuple de l’esclavage il y a très longtemps et leur a fait passer la mer Rouge sous la direction de Moïse. En les libérant ainsi, il les a fait passer de la mort à la vie. La Pâque est donc synonyme de « passage », de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie. Chaque année, les Juifs sont heureux de se réunir en souvenir de cet épisode fondateur et pour remercier Dieu de les avoir libérés. Parmi les différentes célébrations,  il y a un repas particulier qui est organisé à cette occasion avec entre autres, du pain sans levain (cad un pain plat qui n’a pas levé), des herbes amers, de l’agneau, du vin, tout cela rappelle ce qu’ont vécu les Hébreux au moment où ils sont partis d’Egypte et où donc ils ont été libérés. Ce repas s’accompagne de lectures de la Bible, de prières, de chants. Jésus et ses disciples eux aussi se réunissent pour manger la Pâque et faire mémoire de cette libération. Mais pour Jésus, cette célébration se fait dans un contexte de grand danger et de trahison : les autorités religieuses cherchent à le faire périr, un de ses disciples va le trahir et les autres à peine le repas terminé se demandent qui est le plus grand parmi eux… Mais on voit que Jésus maîtrise la situation, il annonce avec précision où ils vont se réunir, il sait ce qui va arriver et il profite de ce dernier repas pour continuer à enseigner ses disciples et leur laisser des consignes.

Ferme les yeux et imagine la ville entière en fête, et les disciples réunis pour célébrer la Pâque avec Jésus… mais le danger plane sur Jésus…

Imagine Jésus, il sait exactement ce qui va se passer, comment est-il ? 


    v. 15-20 Les derniers enseignements : la nouvelle signification de la Pâque.

Jésus laisse clairement entendre qu’il va être livré par un de ses disciples, qu’il va souffrir car les autorités religieuses veulent sa mort, que c’est sa dernière Pâque, que c’est la fin de ses trois années avec ses disciples. La fête de Pâque est essentielle dans l’histoire des relations entre Dieu et son peuple. Jésus, par sa mort et sa résurrection va lui donner une nouvelle signification. Il commence déjà à lui donner cette nouvelle signification au cours du repas pascal car on voit dans le texte qu’il reprend des gestes caractéristiques de ce repas mais en ajoutant de nouvelles paroles. Ainsi, à deux reprises il a une coupe de vin (ou de jus de raisin) dans les mains et il annonce la 1ère fois : « Prenez ceci et partagez entre vous. Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. » et la seconde fois : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous. » Autre geste essentiel qui se pratiquait pendant ce repas : prendre du pain (sans levain), rendre grâce, le rompre et le distribuer. Jésus le fait également mais il ajoute : «  Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Il donne donc une nouvelle signification et parle de nouvelle Alliance. 


Ferme les yeux et imagine Jésus qui prend le pain dans ses mains… imagine les mains de Jésus… elles rompent le pain et donnent les morceaux à ses disciples en disant « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». 

Ses mains tiennent aussi à deux reprises une coupe de vin… la 2ème fois il dit « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous ».


    v. 20-27 Les derniers enseignements :  « que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. »

La nouveauté dont parle Jésus, cette nouvelle Alliance concerne les rapports sociaux. Le contexte décrit par ce passage de l’Evangile est marqué par le pouvoir de mort que veulent exercer les autorités religieuses sur Jésus par le biais de la trahison et de l’argent corrupteur. Il est aussi marqué par le désir des disciples d’être grands, de dominer. C’est un désir humain naturel mais Jésus dit clairement qu’entre ses disciples, il ne doit pas en être ainsi et lui-même se présente comme le serviteur de tous. Ce qu’il a dit à ses disciples il y a 2000 ans vaut pour nous aujourd’hui.


Fermons les yeux. Je peux écouter de nouveau la parole de Jésus et voir si elle n’a pas quelque chose à me dire à moi aujourd’hui : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » 


Comme il s’agit de quelque chose de plus personnel, ne partagent que ceux qui le désirent vraiment.


Cœur à cœur

Allons sur le tapis, faisons-nous tout petits, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Peut-être que Jésus m’a dit quelque chose de particulier aujourd’hui auquel j’ai envie de répondre. Pour les religions chrétiennes, ce texte est à la base de l’eucharistie, je peux demander à Jésus qu’il m’aide à vivre de la manière la plus juste possible les célébrations eucharistiques. Je peux aussi lui demander la grâce de l’humilité. 


 Notre Père.…





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Le commandement d’amour (Jn 15, 9-17).

Le commandement d’amour (Jn 15, 9-17).


On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.


On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour :

 9 Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. 11 Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

12 Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 13 Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. 17 Voici ce que je vous commande: c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jn 15, 9-17). Textes liturgiques © AELF, Paris.


Contemplation :

    v. 9-11 l’amour entre le Père et le Fils

Jésus ici parle à ses disciples, il est sur le point de les quitter pour retourner vers le Père, il va très bientôt être arrêté, jugé, crucifié et il donne donc ses conseils, ses instructions à ses disciples avant son départ. En fait il leur dit de faire ce que lui a fait avec son Père et avec eux, de quoi s’agit-il ? aimer, suivre le commandement d’amour. Il présente cet amour entre lui et le Père et entre lui et ses disciples comme un modèle à suivre : 1) il existe un amour infini entre le Père et le Fils : le Père aime le Fils, le Fils aime le Père en retour et par amour il lui obéit. 2) il y a un amour entre Jésus et ses disciples, il les aime tellement qu’il va donner sa vie. Cet amour lié au Père qui rejoint les disciples à travers Jésus  procure une joie énorme, « parfaite » nous dit Jésus : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.».

Comment se manifeste, dans l’Évangile, l’amour entre Jésus et son Père ? Jésus prie, il parle à son Père, son Père lui parle en retour, intervient pour dire à tous qu’il est son Fils, ils sont unis, agissent ensemble à travers Jésus pour guérir les malades, enseigner, multiplier le pain. 


Nous allons donc fermer les yeux et imaginer d’abord l’amour entre Dieu le Père et son Fils, comment se manifeste cet amour entre eux ? Imagine la joie qu’éprouve Jésus d’être aimé du Père et de l’aimer et leur désir de te faire entrer toi aussi dans cet amour.


    v. 9-15 l’amour de Jésus pour tous les hommes

Jésus dit qu’il a aimé les hommes, comme le Père l’a aimé. Il transmet, diffuse l’amour du Père et il est même prêt à donner sa vie par amour. Il dit aussi que tout ce qu’il a entendu de son Père il l’a fait connaître à ses disciples et que ses disciples sont ses amis. Comment s’est manifesté l’amour de Jésus ? Il a transformé la vie de tous ceux qu’il a rencontrés, en les libérant de ce qui les empêchait d’être pleinement debout : il a guéri (des aveugles, des sourds-muets, des malades, des handicapés), enseigné l’amour de Dieu pour tous ses enfants, il a nourri ceux qui avaient faim, pardonné les péchés, il a pris la défense de ceux qui étaient rejetés, il a pardonné ceux qui voulaient lui faire du mal.


Ferme les yeux et imagine Jésus qui transforme des vies, que le vois-tu faire par amour ?


    v. 12-17 Jésus nous commande de faire de même.

Jésus veut que nous reproduisions avec lui et entre nous ce que lui a vécu avec le Père : se laisser aimer par lui, l’aimer très fort et aimer les autres comme des amis. Et ce n’est pas juste un conseil qu’il nous donne, c’est un commandement parce qu’il veut que nous entrions dans sa joie, il veut que notre joie soit parfaite et il ne peut pas y avoir de joie sans amour. Plus largement, le lien qui unit à Dieu est un lien d’amour parce que Dieu est amour. Quand l’amour est absent, Dieu lui aussi est absent or Jésus ne veut pas que nous soyons coupés de Dieu. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour ». Jésus associe ce commandement au fait de porter du fruit et un fruit qui demeure. Les fruits qui demeurent sont ceux qui sont produits par amour, dans l’amour. On pourrait reprendre l’image de l’arrosoir : rempli de l’amour de Dieu destiné à être distribué pour produire des fruits d’amour. 


Ferme les yeux et imagine que tu es comme un petit arrosoir d’amour, Jésus te remplit d’amour et tu arroses autour de toi les gens avec tout cet amour… que fais-tu ? comment peux-tu témoigner de l’amour de Dieu ? quels sont les fruits d’amour produits ?


Cœur à cœur

Allons sur le tapis, faisons-nous tout petits, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Jésus est là, il veut que ma joie soit parfaite, que je reçoive son amour, que je l’aime en retour et que j’aime les gens autour de moi. Avec nos propres forces, on sait qu’il est difficile d’aimer, je peux demander à Jésus la grâce de demeurer dans son amour et de toujours garder ses commandements pour entrer dans la même relation que lui a avec son Père. 


Terminer par le Notre Père.


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Le commandement d’amour (Jn 15, 9-17)

À partir des idées de Sophie.



On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.


On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour :

9 Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. 11 Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

12 Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 13 Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. 17 Voici ce que je vous commande: c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jn 15, 9-17). Textes liturgiques © AELF, Paris.


Contemplation :

    v. 9 Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés

À plusieurs reprises (le baptême de Jésus, sa Transfiguration), Dieu a fait entendre sa voix pour dire que Jésus est son Fils bien-aimé et régulièrement ce dernier se met à l’écart pour prier, pour retrouver son Père du ciel dans l’intimité de leur amour. Depuis qu’il est tout jeune, Jésus a cette relation particulière avec Dieu, souvenons-nous qu’à l’âge de 12 ans, il était resté tout seul au temple à Jérusalem pour parler avec les docteurs de la Loi et qu’à ses parents qui le cherchaient il avait répondu : “Je dois être aux affaires de mon Père”. Jésus a conscience que Dieu l’accompagne et le nourrit dans sa Parole (la Torah) et il se sait profondément aimé. La communauté juive, les parents de Jésus, Marie et Joseph lui ont aussi enseigné cet amour de Dieu en chantant régulièrement les merveilles que Dieu avait faites pour leur peuple et pour eux. Tous les vendredis soirs, Joseph et Marie se préparent à fêter cet amour de Dieu pour chaque être humain, c’est le Sabbat qui correspond au jour de repos hebdomadaire consacré à Dieu. Ce jour débute le vendredi, avant le coucher du soleil et se termine le samedi soir, après la tombée de la nuit. La tradition veut qu’une maison juive ait toujours des bougies allumées avant le début du Shabbat, afin que la soirée soit paisible et festive. La famille se réunit autour d’un festin pour célébrer la joie d’être une famille dans le cœur de Dieu. Marie a probablement préparé un repas de fête, Joseph va prononcer les prières habituelles… et avec Jésus tous ensemble ils chantent la louange de Dieu.  

Nous allons fermer les yeux et imaginer Jésus vivant cette fête traditionnelle juive avec ses parents. Comment est le lieu où ils sont ? Que font-ils ? Que ressentent-ils ? 


    v. 15 Je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître

Une fois adulte, quand Jésus commence sa vie publique, il marche, va à la rencontre des gens simples pour les rendre heureux en leur expliquant ce qu’est l’amour de Dieu, il choisit des disciples pour l’accompagner et les former, il encourage, console (comme la Samaritaine), il guérit (comme l’aveugle-né), il redonne la vie (comme à Lazare). On ne l’entend jamais parler de lui, il nous parle de son Père comme d’un papa aimant et nous apprend à le prier “Notre Père”. Ce que Jésus vivait avant avec ses parents pour le sabbat, il continue de le vivre avec sa nouvelle famille (ses disciples), notamment le repas du vendredi soir en famille. Mais cette fois, Jésus sait qu’il va être arrêté et qu’il ne pourra pas le vivre le vendredi soir. On est le jeudi soir, c’est son dernier repas avec ses disciples et Jésus veut leur faire comprendre ce qui est vraiment le plus important, il leur laisse alors un dernier message très fort : lavez-vous les pieds les uns les autres en signe d’amour et pour qu’ils comprennent bien le message, lui-même leur lave les pieds. 


Nous allons fermer les yeux et imaginer Jésus vivant cette fête avec ses disciples. Comment est le lieu où ils sont ? Comment est le regard de Jésus lorsqu’il leur lave les pieds ? Que ressentent ses disciples ?


    v. 17 Voici ce que je vous commande: c’est de vous aimer les uns les autres.

Ce discours de Jésus à ses amis a eu lieu pendant le repas du jeudi soir comme nous venons de le voir. Il leur explique une dernière fois le message de Dieu : il n’y a qu’une loi qui compte : la loi qui consiste à aimer l’autre même s’il ne m’aime pas (comme les pharisiens), même s’il me trahit (comme Pierre ou Judas) parce que Dieu aime chacun autant qu’il aime Jésus. Il ne veut pas que nous nous fassions souffrir les uns les autres en nous jugeant, en nous moquant, en nous attaquant parfois… Les parents sont très malheureux lorsque leurs enfants ne s’entendent pas bien et se disent ou se font des choses méchantes… on n’aime pas beaucoup le mot commandement car on a l’impression de recevoir un ordre… est-ce que Dieu, et Jésus, peuvent nous obliger à nous aimer ?


Nous fermons les yeux et imaginons Dieu notre Père empli d’amour pour chacun de nous et tellement malheureux de voir ses enfants se faire du mal… nous imaginons son chagrin… nous imaginons avec quelle voix il nous dit : je vous commande de vous aimer les uns les autres…


Cœur à cœur

Allons sur le tapis, la terre sacrée, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Jésus est là, avec son Père et nous allons avec nos mots à nous, dans le secret de notre coeur, lui dire merci pour ce grand amour qu’il a pour nous ; lui dire que nous entendons non pas son ordre mais sa prière : Dieu prie chacun de nous de tout faire pour mieux aimer les autres.  Qu’est-ce que je lui réponds   ?


Terminer par le Notre Père.

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Gethsémani (Mc 14, 32-42).

C. Pastro © monastère Nossa Senhora da Paz 

Gethsémani (Mc 14, 32-42).


On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.



On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour :

 32 Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples: « Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. » 33 Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse. 34 Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. » 35 Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui. 36 Il disait : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » 37 Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre: « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ? 38 Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » 39 De nouveau, il s’éloigna et pria, en répétant les mêmes paroles. 40 Et de nouveau, il vint près des disciples qu’il trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis de sommeil. Et eux ne savaient que lui répondre. 41 Une troisième fois, il revient et leur dit: « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. C’est fait ; l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. 42 Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. » (Mc 14, 32-42). Textes liturgiques © AELF, Paris.


Contemplation :

    v. 32-36 Un jardin de nuit après le dernier repas avec les disciples, Jésus prie.

La scène se situe juste après le repas de la Pâque que Jésus a pris avec ses disciples. Jésus sait qu’il va retourner vers le Père mais qu’avant cela, il va souffrir : trahi par un de ses disciples avec qui il a passé environ 3 ans, haï par les autorités religieuses qui organisent son arrestation et sa mise à mort avec les autorités politiques romaines, bafoué, méprisé, renié par ses disciples, cloué sur une croix jusqu’à la mort. Pour affronter tout cela, il a besoin de se retirer et de prier le Père et pour cela il choisit un endroit, un jardin où il avait probablement l’habitude d’aller pour prier. Ce lieu s’appelle Gethsémani ce qui en araméen (la langue de Jésus) signifie « le pressoir à huile ». Il s’agit probablement d’une oliveraie située au pied d’une petite colline, le Mont des Oliviers, de l’autre côté d’un petit ruisseau juste en face du Temple de Jérusalem. Il fait nuit mais il y a la pleine lune parce que c’est la Pâque. Jésus emmène avec lui 3 disciples qui l’accompagnent souvent dans les moments importants (par exemple à la Transfiguration) : Pierre, Jacques et Jean et l’Évangile nous dit que Jésus « commence à ressentir frayeur et angoisse » et qu’il dit à ses disciples :  « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez.» Le texte se poursuit ainsi :  « Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui.  Il disait : «Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » Jésus se retrouve seul à seul avec son Père et lui partage sa peur, il aimerait éviter cette souffrance, néanmoins il précise bien « non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » 


Nous allons visualiser la scène et imaginer Jésus dans ce jardin.

Ferme les yeux et imagine : la nuit avec la pleine lune, Jésus, au milieu des oliviers, trois de ses disciples sont là, et Jésus s’éloigne un peu et prie…. Imagine Jésus, son visage, son corps, son cœur. 


    v. 34-41 Jésus prie à trois reprises avant de dire « C’est fait ».

Le texte décrit un va-et-vient entre Jésus qui prie, toujours avec la même formule : Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! et les trois disciples qui eux sont endormis. Jésus leur donne un conseil que lui-même est en train de vivre : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » Lui-même veut faire la volonté du Père mais à ce moment précis, il craint la souffrance dans sa chair et il sait que ses disciples sont ardents à le suivre mais que face au choc de l’arrestation et de la mort de leur Maître, ils vont chanceler, douter, avoir peur. Pierre qui était toujours très ardent dans sa volonté de suivre et d’aimer Jésus va le renier. Jésus retourne prier le Père et à l’issue de la 3ème fois, il dit à ses disciples que c’est fait, que l’heure est venue et il dit à ses disciples « Levez-vous ! Allons ! » Il semble avoir reçu la confiance et la consolation de son Père, la force de vivre tout ce qu’il va devoir vivre à partir de cet instant. Jésus sait ce qui va se passer et après avoir ardemment prié le Père, il semble prêt, ses disciples eux n’ont aucune idée de ce qui va arriver et ils ne sont pas préparés.


Ferme les yeux et imagine les allers-retours de Jésus entre ses disciples endormis et la prière à son Père. Que reçoit-il de son Père ? Pourquoi revient-il voir ses disciples entre chaque prière ?

Imagine les disciples endormis : pourquoi dorment-ils ? 



Cœur à cœur

Allons sur le tapis, faisons-nous tout petits, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Jésus encourage à prier dans les moments difficiles, c’est-à-dire à nous réfugier dans les bras du Père quand on a peur de quelque chose, en lui parlant librement comme lui l’a fait sans oublier toutefois qu’il terminait sa prière en disant « Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux »  Peut-être que dans le secret de mon cœur j’ai une prière de ce type à adresser au Père, il est là, il m’écoute. Peut-être que cette contemplation m’a inspiré quelque chose que je veux lui partager.


Jésus nous a laissé un prière à dire avec confiance au Père :  Notre Père…


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Jugement, flagellation, couronnement d’épines (Mt 27, 11-31).

C. Pastro  Sanctuaire d’Aparecida photo : N. Raymond  

Jugement, flagellation, couronnement d’épines (Mt 27, 11-31).


On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.


On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour :

11 On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C’est toi-même qui le dis.» 12 Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. 13 Alors Pilate lui dit : « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » 14 Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné. 15 Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. 16 Il y avait alors un prisonnier bien connu nommé Barabbas. 17 Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus appelé le Christ ? » 18 Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus. 19 Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » 20 Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. 21 Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »   ils répondirent : « Barabbas ! »  

22 Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu’il soit crucifié ! » 23 Pilate demanda : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’il soit crucifié ! » 24 Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! »

25 Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » 26 Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié. 27 Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. 28 Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. 29 Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant: « Salut, roi des Juifs ! » 30 Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. 31 Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier. (Mt 27, 11-31). Textes liturgiques © AELF, Paris.



Contemplation :

    v. 11-25 Jésus face à une mécanique de mort.

Jésus est arrêté au jardin de Gethsémani et conduit chez le gouverneur romain Pilate pour être jugé et condamné. Les Romains occupant la Palestine, c’est le gouverneur qui a le pouvoir de vie et de mort sur les gens, et non pas les grands prêtres et les anciens (c’est-à-dire les autorités religieuses juives) qui accusent Jésus et veulent sa mort. C’est pour cela que ces derniers vont tout faire pour obliger Pilate à condamner Jésus. L’un de leurs arguments est que Jésus se proclame roi des Juifs et qu’il est donc une menace pour le pouvoir politique romain. L’évangéliste Luc détaille un peu plus en disant que Jésus empêchait de payer les impôts à César (Lc 23,2) ce qui est faux. C’est pour cela que Pilate commence par interroger Jésus sur ce point. On note que Jésus ne le nie pas quand il répond « c’est toi-même qui le dis » mais il se place à un autre niveau car d’une certaine manière, Jésus est bien roi mais d’un royaume qui n’est pas de ce monde comme lui-même le dit ailleurs (voir Jn 18, 36) et personne ne l’a encore véritablement compris. 

On voit que Pilate ne comprend pas pourquoi Jésus doit être condamné, il demande « Quel mal a-t-il donc fait ? », même sa femme le met en garde car elle a rêvé de Jésus et l’a vu comme quelqu’un de juste. Il propose de le libérer car à chaque fête, il a coutume de libérer un prisonnier mais les foules poussées par les autorités religieuses choisissent de libérer un bandit, Barabbas et réclament la crucifixion de Jésus, ce même Jésus que sans doute certains avaient acclamé quelques jours auparavant lors de son entrée triomphale à Jérusalem. 

Pilate voit qu’il n’y a rien à faire, il sait que c’est par jalousie que Jésus a été livré, il voit le tumulte, la haine des foules et des autorités religieuses, il ne veut pas de problèmes supplémentaires car comme c’est la Pâque, il y a énormément de monde à Jérusalem et donc tout en se déclarant lui innocent de la mort qu’il va infliger à Jésus (il s’en lave les mains, selon une formule qu’on retrouve encore de nos jours), il condamne celui-ci. Jésus lui apparaît comme simple objet de cette machination, il n’intervient pas, ne dit rien.


Ferme les yeux et imagine la machination mortelle qui s’est mise en marche : les autorités religieuses, Pilate, les foules qui crient à propos de Jésus : « Qu’il soit crucifié ! ». 

Imagine maintenant Jésus qui voit tout cela. À quoi peut-il penser ? Que peut-il ressentir ?



    v. 26-29 Jésus flagellé, humilié, moqué

Non seulement Jésus est emprisonné mais avant d’être crucifié, il est flagellé, c’est-à-dire qu’on le frappe avec une sorte de fouet, de dos, des pieds à la tête. Et en plus les soldats se moquent de lui, ils font comme s’il s’agissait d’un faux-roi, puisque c’était l’une des accusations que l’on avait adressée à Jésus pour convaincre Pilate de le condamner. Donc les soldats romains se moquent de Jésus, lui enlèvent ses vêtements (qui n’ont rien de ceux d’un roi humain terrestre) lui mettent un manteau rouge, une couronne qu’ils tressent avec des épines sur la tête et un roseau entre les mains comme s’il s’agissait d’un sceptre et ils font semblant de lui rendre hommage.  

Ensuite, les soldats lui crachent dessus et le frappent à la tête avec le roseau. Puis le texte dit : «Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier ».

 Jésus doit beaucoup souffrir physiquement et moralement, il est seul face à ses ennemis, il n’y a personne pour le soutenir. 


Nous allons fermer les yeux et imaginer la scène en écoutant de nouveau le récit : Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant: « Salut, roi des Juifs ! »  Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.


Où Jésus trouve-t-il la force de supporter tout cela ?


Cœur à cœur

Allons sur le tapis, la terre sacrée, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Jésus a vécu l’injustice, l’humiliation, il en a souffert moralement, physiquement, il comprend. Si j’ai quelque chose de cet ordre-là à lui partager je peux le faire. Je peux aussi lui demander la grâce de ne pas commettre moi l’injustice, de ne pas humilier les autres, de ne pas me moquer. 


Terminer par le Notre Père.



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Le « bon larron » (Lc 23, 33-43).

Le « bon larron »  (Lc 23, 33-43)

 

On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.


On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour :

 33 Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. 34 Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. 35 Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu  ! » 36 Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, 37 en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » 38 Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui: « Celui-ci est le roi des Juifs. » 39 L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » 40 Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! 41 Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » 42 Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » 43 Jésus lui déclara: « Amen, je te le dis: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc 23, 33-43). Textes liturgiques © AELF, Paris


Contemplation :

    v. 33-34 Jésus sur la croix qui dit « Père pardonne leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Rappel si nécessaire : le peuple juif attendait un Messie, un grand roi qui viendrait les libérer de toutes leurs oppressions mais ils l’imaginaient comme un gouvernant puissant qui par exemple mettrait fin à l’occupation romaine. Mais le Royaume que Dieu veut pour ses enfants est un royaume d’amour, de communion, pas de violence, ni de revanche, ni de pouvoir politique. Donc Jésus n’a pas été reconnu par les autorités juives comme étant le Messie qu’ils attendaient, ils l’ont considéré comme un imposteur qui risquait en plus de leur ôter leur pouvoir donc ils ont décidé, avec l’appui des Romains, de le faire mourir en le crucifiant. Cela a lieu pendant les fêtes de Pâque, à l’extérieur de la ville de Jérusalem, sur une petit colline qui s’appelle « Golgotha » en araméen ou « le Crâne » en grec. Le terme en latin se dit « Calvarius » d’où le mot Calvaire en français, devenu synonyme d’épreuve redoutable, longue et douloureuse en lien avec tout ce que vit Jésus au moment de sa Passion.

Jésus est donc crucifié avec deux malfaiteurs qui l’entourent, l’un à droite, l’autre à gauche. On enfonce des clous dans leurs poignets et leurs pieds, ils sont ainsi suspendus à des croix en bois, à la vue de tous et ils sont destinés à mourir par asphyxie progressive. La crucifixion était la pire des morts réservée aux pires des malfaiteurs, aux esclaves ou aux rebelles. C’était un supplice infâmant. Jésus savait tout cela et alors qu’il souffre atrocement sur la croix, il dit à son Père : « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font. » 


Ferme les yeux et imagine Jésus qu’on cloue sur la croix au sol… puis la croix est relevée… Imagine la souffrance de Jésus qui dit pourtant « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font »… Pourquoi et comment peut-il dire cela ?



    v. 39-43 Un ami inattendu

On voit que Jésus est encore l’objet de moqueries, d’humiliations de la part des chefs et des soldats, l’un des deux malfaiteurs l’insulte et le peuple est là à observer (dans d’autres évangiles, les gens insultent Jésus aussi). Les propos de ceux qui se moquent de lui ressemblent aux tentations que Jésus a vécu dans le désert au début de sa vie publique : si tu es le Messie, le Christ, sauve toi toi-même… si tu es… tu peux faire ça… comme dans le désert, cette tentation revient à trois reprises (les chefs, les soldats, le malfaiteur) et cette tentation est celle de désobéir au Père, de ne pas lui faire confiance ; elle doit être d’autant plus forte que Jésus souffre atrocement et qu’il va mourir.

Au milieu de cet épisode horrible, où Jésus se retrouve seul, qui lui apporte soutien et consolation ? L’un des deux malfaiteurs, lui aussi crucifié, lui aussi souffrant atrocement. Il commence par réprimander l’autre malfaiteur et dit : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !  Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Cet homme reconnaît la présence de Dieu en Jésus et son innocence tout en se déclarant lui coupable et méritant son sort. Cet homme est profondément juste et vrai, et il ajoute : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. ». Il est le seul à avoir compris la véritable nature de la royauté de Jésus qui est inscrite sur sa croix « Celui-ci est le roi des Juifs » mais que personne n’a compris ici. 

Jésus qui était resté silencieux depuis des heures ouvre la bouche et lui répond : Amen, je te le dis: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. Le Paradis fait référence au « jardin de Dieu », lieu de bonheur idéal, d’innocence morale dont l’homme a été chassé en ayant désobéi à Dieu mais celui-ci veut que l’homme retrouve ce Paradis, cette communion avec lui. Ce malfaiteur qu’on a surnommé « le bon larron » sera dans le Paradis avec Jésus ce jour-même.


Fermons les yeux. Imagine Jésus sur la croix et toutes les moqueries dont il est l’objet… les chefs, les soldats, le malfaiteur….

Et soudain, il entend l’autre malfaiteur prendre sa défense et dire « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume »… que ressent Jésus ?

Puis imagine ce que ressent le malfaiteur quand il entend Jésus dire « Amen, je te le dis: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »


Cœur à cœur

Allons sur le tapis, faisons-nous tout petits, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Au milieu de son calvaire, Jésus a trouvé la force de pardonner puis a reçu un soutien et une consolation inattendue. Peut-être que quelque chose rejoint ma vie : un pardon que je n’arrive pas à prononcer, une consolation dont j’ai besoin ou que je peux donner, une aide reçue à un moment difficile dont je voudrais rendre grâce. Je peux en parler librement à Dieu dans le secret de mon cœur. 


Terminer par le Notre Père.

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Crucifixion et mort de Jésus (Lc 23, 32-36; 44-48).

C. Pastro © monastère Nossa Senhora da Paz 

Crucifixion et mort de Jésus (Lc 23, 32-37 ; 44-48).


On se prépare physiquement, intérieurement à une rencontre avec le Christ.


On demande librement  à l’Esprit Saint de venir ouvrir notre cœur au travail de sa Parole en nous ou on peut reprendre cette prière :

« Seigneur, donne-moi de te connaître en profondeur, afin de t’aimer davantage et te suivre de tout mon cœur. » 


La Parole qui m’est adressée ce jour :

 32 Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter. 33 Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. 34 Jésus disait : « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. 35 Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres: qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Elu ! » 36 Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, 37 en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! ». (…)

44 C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire: midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, 45 car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. 46 Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira. 47 À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. »

48 Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine.» (Lc 23, 32-37 ; 44-48). Textes liturgiques © AELF, Paris.


Contemplation :

    v. 32-37 Jésus crucifié, humilié qui demande au Père de pardonner.

Jésus a été arrêté, condamné alors qu’il n’avait rien fait de mal, il a été flagellé, moqué et maintenant il est conduit au lieu où il va être crucifié avec deux autres bandits. Comment s’appelle le lieu où on va le clouer sur la croix ? Le Crâne ou Calvaire.. cela ressemble à une petite butte dénudée qui aurait la forme d’un crâne et qui est située en dehors de Jérusalem. On connaît l’expression en français «c’est un calvaire» ou «vivre un calvaire», ça veut dire que c’est quelque chose de très difficile, qui fait souffrir. C’est ce que vit Jésus au cours de sa Passion. La crucifixion signifie qu’on enfonce des clous dans les poignets et les pieds de Jésus et qu’il est ensuite suspendu à une croix en bois, à la vue de tous, destiné à mourir par asphyxie progressive. La crucifixion était la pire des morts réservée aux pires des malfaiteurs, aux esclaves ou aux rebelles. C’était un supplice infâmant. En plus de cela, les personnes présentes se moquent de lui, les chefs, les soldats, en reprenant une formule qui ressemble beaucoup aux tentations que Jésus avait vécues au désert… si tu es le Messie, sauve toi toi-même ! C’est un encouragement à désobéir à Dieu et à se sauver sans son aide, c’est un encouragement à se couper du Père ce que Jésus ne fait pas. Mais ce doit être très dur à entendre et pourtant, alors qu’il vit tout cela, Jésus dit : «Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font.»


Ferme les yeux et imagine Jésus qu’on cloue sur la croix au sol… puis la croix est relevée… Imagine la souffrance de Jésus et les moqueries des chefs, des soldats… et pourtant Jésus dit :  « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font »… Pourquoi et comment peut-il dire cela ?


    v. 44-46 Jésus pousse un grand cri et meurt.

Les Évangiles disent que l’obscurité se fait, le soleil se cache à midi alors qu’il devrait être au plus haut… sachant qu’on est à un moment de pleine lune (date de la Pâque), il ne peut s’agir d’une éclipse de soleil naturelle, il faut donc probablement y voir une grande intervention de Dieu dans le monde, ou le prendre dans un sens symbolique. L’absence de soleil signifie absence de lumière et de chaleur, le texte dit que l’obscurité se fait sur toute la terre. Au bout de trois heures, Jésus, le Fils de Dieu, meurt. Luc précise aussi que le rideau du Sanctuaire se fend par le milieu. Ce rideau séparait dans le Temple le Saint (où se trouvaient l’autel d’encens, la table des pains d’oblation et le chandelier à sept branches) du Saint des Saints qui était le lieu le plus sacré où seul le grand prêtre pouvait entrer une fois par an. Cela symbolise la nouvelle alliance par Jésus. Au moment de mourir, Jésus pousse un grand cri et dit : « Père, entre tes mains je remets mon esprit », ce qui est le verset d’un psaume de supplication (Ps 31,6).  Le texte précise ensuite : À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste ». Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine.

À l’évidence quelque chose d’inhabituel, d’extra-ordinaire vient de se produire, ce n’est pas simplement la mort d’un homme crucifié.

Ferme les yeux et imagine ce moment… l’obscurité, sans doute le froid, puis Jésus qui pousse un grand cri et s’en remet au Père… 

Imagine que tu es présent.


Cœur à cœur

Allons sur le tapis, la terre sacrée, tout près de Dieu, pour le rencontrer dans le silence. Au milieu de son calvaire, Jésus a trouvé la force de pardonner… Peut-être que cela rejoint ma vie avec un pardon que je n’arrive pas à prononcer. Je peux demander son aide à Jésus.  Je peux aussi tout simplement en silence méditer sur la mort de Jésus sur la croix et lui partager ce qui habite mon cœur.

 Terminer par le Notre Père.


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